Le jour où je me suis respectée pour de vrai ou l’art de retrouver l’estime de soi !
De nature joyeuse, confiante et enthousiaste, Jessica traverse pourtant depuis dix ans une
fatigue émotionnelle intense. Irritable, stressée et épuisée, elle voit son quotidien parasité par
l’hypersensibilité et une tristesse profonde. Comme si son passé douloureux l’empêchait
d’envisager un avenir plus serein. Plus tard, elle met enfin un nom sur son mal-être : la
dépression. La cause ? Une estime de soi en miettes.
Un tel mal-être ne s’installe pas du jour au lendemain. Il résulte d’un stress prolongé et d’une
accumulation de blessures narcissiques.
Jessica ne se sent pas digne de valeur. Elle est
coincée, comme une télécommande aux piles usées, figée sur la même chaîne dramatique.
Son histoire familiale tourne en boucle dans sa tête : le rejet de ses parents, la rupture avec le père de
ses enfants. Comme pour enfoncer le clou, son ex-compagnon se met en couple avec une
ancienne amie à elle. Et, cerise sur le gâteau, ses enfants adhèrent pleinement à ce nouveau
schéma familial, adoptant leurs nouveaux « frères et sœurs« . Jessica se retrouve alors
doublement rejetée : par sa famille d’origine et maintenant par ses propres enfants.
Son ex-conjoint ne l’aide pas, imposant aux enfants sa propre vision : « C’est normal, on se
sépare, je ne l’aime plus. La vie est trop courte pour ne pas en profiter. » Dans ce climat, son
autorité parentale est mise à mal.
Conséquence directe : un manque de respect grandissant de la part de son ex et de ses enfants. Oui, ils disent l’aimer, mais leurs actes racontent une autre histoire.
Jessica se sent en conflit perpétuel, non seulement avec leur père, mais aussi avec ses propres
enfants qui la voient comme un frein à leur nouvelle vie.
Les causes :
Aimer et servir les autres tout en s’oubliant complètement
Jessica tombe dans un piège bien connu : elle aime et sert les autres, mais s’oublie totalement.
Et quand elle ose enfin exprimer son malaise à des professionnels, elle entend le sempiternel :
« C’est normal, ils sont juste adolescents. » Ah, l’adolescence ! Ce moment magique où
l’insolence devient une norme acceptable…
Parfois, quand on ne se sent pas respecté, on a tendance à réagir plus fort pour se faire
entendre. Mais cela peut avoir l’effet inverse et alimenter encore plus le conflit.
Et côté sentimental ? Pas mieux. Jessica enchaîne les relations sans respect, où elle se fait
toute petite, mettant ses besoins de côté, comme si elle était condamnée à rester en retrait.
Chaque déception renforce cette impression d’être indigne d’amour, comme si elle portait un
panneau : « Attention, faible valeur émotionnelle !«
Un cri de révolte intérieure
Et puis, ce moment clé : son fils déclare devant son père et le proviseur : « Il n’y a qu’une
personne à qui je manque de respect, et c’est volontaire, c’est ma mère. » Bim. En plein cœur.
Et le silence approbateur du père…
Se réconcilier avec la colère
Depuis l’enfance, Jessica refoule la colère. Quand elle l’exprime, c’est un véritable séisme :
elle crie, bégaye, perd ses mots. Elle sent qu’elle perd toute crédibilité. Pourtant, elle
comprend que cette émotion, loin d’être un problème, est une alliée précieuse.
Puis un jour, c’est le déclic. Jessica écrit dans son journal : « Je ne me sens plus respectée, ni
dans mon intégrité, ni sur mon territoire. Je suis remplie de colère et d’indignation. » Un cri du
cœur !
Changer de logiciel interne
Jessica veut apprendre à poser des limites claires, à s’aimer et à se respecter. Un vrai
programme d’entraînement émotionnel ! Mais son entourage résiste : « Tu es trop exigeante,
trop dure…« . Pourtant, elle sait qu’elle doit continuer. Se faire respecter n’est pas facile quand
on a longtemps laissé les autres nous marcher dessus.
Se respecter pour se faire respecter
Elle prend du recul et réalise qu’elle a toujours pensé que « prendre soin des autres » était sa
mission de vie. Mais maintenant, elle dit STOP. Elle veut réussir, gagner en autonomie, être
digne d’être aimée et respectée.
Fixer des limites claires
Jessica comprend qu’il est temps de poser des limites fermes. Elle veut un espace où elle peut
exprimer ce qu’elle a trop longtemps retenu. Elle n’est ni dans la vengeance ni dans la
revanche. Sa colère froide devient sa force, un levier pour se reconstruire, brique par brique.
Se donner la valeur qu’on mérite
Jessica transforme ses épreuves en force. Elle comprend enfin qu’on est traité comme on se
traite soi-même. Alors elle décide de s’accorder l’importance qu’elle mérite. Bye-bye
syndrome de la carpette !
Comment s’en sortir ?
Une reconstruction sans miracle, mais avec détermination :
- Identifier ses besoins : sport, montagne, rire, danse, amis…
- Apprendre à dire non et à se prioriser.
- Écouter et exprimer sa colère sainement.
- Explorer d’autres solutions que les antidépresseurs : magnésium, huile de poisson.
Avec un brin d’autodérision, Jessica nous rappelle qu’on est toujours mieux respecté quand
on commence par se respecter soi-même. Et ça, c’est tout un art.
Naima Saket Coach « Maître Praticien » Certifiée RNCP depuis 2014, dirigeante de 3.2.1 Pulsion
